Comment rénover sa façade ? Enduit traditionnel, finitions, traitement

mai 21, 2020 Non Par admin


Sans bon traitement des problèmes, pas de beau ravalement de façade!

Avant de choisir une finition, la phase diagnostic et préparation des fonds constitue une étape essentielle : bien identifier les défauts pour mieux les traiter…

Un léger farinage

Lorsque l’on passe la main sur le mur, une poussière de la couleur du revêtement se dépose sur la paume. Il peut être la conséquence d’un vieillissement normal de la peinture ou d’une mauvaise application de l’ancien revêtement.

Quel traitement? Un nettoyage sous pression élimine toutes les particules non adhérentes (la pression ne doit pas être trop forte pour ne pas augmenter la porosité du matériau, donc sa capacité d’encrassement), ce qui permet, ensuite, l’application d’un fixateur compatible avec le support (« Guittex fixateur » de Guittet, à partir de 2,31 € HT/m² de façade, hors pose).

Mousses, lichens et Cie

Les mousses, lichens, ou champignons verdissent ou jaunissent tous les supports. Friands d’humidité, ces micro-organismes se développent sur les façades situées en bord de mer (jusqu’à 30 km), en lisière de forêt ou près d’un cours d’eau. Mais leur apparition peut être aussi la conséquence d’un ruissellement d’eau (fuite de canalisation, défaut d’étanchéité de toiture, etc.).

Quel traitement? Le lavage sous pression va éliminer ce qui se voit. Quant aux micro-organismes invisibles à l’oeil nu, on pulvérise ou on applique au rouleau une solution curative (« Solution AC » des Peintures Gauthier, « Artibiose HP » d’Artilin).

Des salissures diverses

Les salissures proviennent de la pollution atmosphérique, de coulures de rouille, ou encore d’une carbonatation du béton (corrosion des façades due à la pénétration du dioxyde de carbone présent dans l’air).

Quel traitement? Si la surface n’est pas trop dégradée, on peut se contenter d’un nettoyage à l’eau avec un nettoyeur haute pression et un détergent adapté (« Détergent dérochant » de Zolpan, « Nettoyant façade » de Sikkens), pulvérisé sur la façade puis rincé abondamment à l’eau claire. Il existe aussi des décapants biodégradables (« Scalp Pierre Aqua 89 » de Scalp).

Traiter et masquer les défauts

Fissures et faïençage font partie des désordres rencontrés sur une façade. Ils peuvent être réparés grâce à des revêtements similaires à des finitions colorées et présentant des aspects lisses ou talochés, en version mate ou satinée.

La fissure se présente sous la forme d’une fente de 0,2mm à 2 mm de large (au-delà, on parle de lézarde, et son traitement nécessite l’intervention d’un maçon). Non évolutive et inférieure à 2 mm, elle disparaît sous un revêtement d’imperméabilité souple et résistant, applicable après rebouchage et, éventuellement, impression. Un classement (de I1 à I4) permet de repérer le produit adapté à la largeur de la fissure : « Garnotec » de Seigneurie (à partir de 2,50 € HT/m², hors pose), « Sigmaflex 2000S » de Sigma Coatings (à partir de 4,10 € HT/m², hors pose).

Le faïençage forme de fines craquelures superficielles semblables à une toile d’araignée. Les revêtements semi-épais (RSE) et les revêtements en plastique épais (RPE) de classe D3 (voir encadré : « Le classement des Pros ») masquent ce problème sous un film plus ou moins épais (de 0,4mm à 5 mm) qui réduit la porosité du support : « Rénoperl » de Tollens (19,33 € pour 8 à 9 m², hors pose), « Guitacryl velours » de Guittet (à partir de 4,31 € HT/m², hors pose).

Optez pour la couleur avec une peinture

Vous avez envie de voir votre maison en Technicolor? Une couche de peinture est la solution la plus rapide. Si les films minces sont faciles à appliquer, les badigeons à la chaux apportent quant à eux des nuances traditionnelles plus nuancées.

Le revêtement de façade qui reste le plus simple à appliquer est la peinture à film mince (classe D2), qui s’applique en une ou deux couches au rouleau, au pistolet ou encore à la brosse.

Quatre types de finition mince

On distingue quatre sortes de peinture qui présentent des finitions mates ou très mates (elles cachent les défauts et se rapprochent des enduits traditionnels), et plus rarement satinées :

Les acryliques, les plus couramment utilisées, offrent une bonne résistance à la pluie et au gel avec un large choix de couleurs (« TTX acryl extérieur mat » d’Onip, « Crylane » de Parexlanko, 3 € HT/m², hors pose).

Les Pliolites®, en phase solvant (« Tol Façade Pliolite » de Tollens, 15,85 € pour 8 m² de façade, hors pose) ou aqueuses dites hydropliolites® (« Guiocryl » de Guittet, à partir de 2,50 € HT/m², hors pose) résistent aux salissures, aux intempéries comme aux UV, et elles affichent une bonne durée dans le temps. Elles peuvent être aussi autonettoyantes (« Façades Aqua-stop » de V33). Ce sont les plus coûteuses.

Les siloxanes sont comparables aux acryliques, mais elles présentent une meilleure perméabilité à la vapeur d’eau, une meilleure résistance aux salissures et aux UV et, surtout, une propriété autonettoyante qui constitue leur plus grand atout (« PRB Color Minéral Siloxane » de PRB, « Perloxane » de Seigneurie, à partir de 1,80 € HT/m², hors pose).

Les silicates, à base de chaux, sont appréciées pour leur finition très mate et leurs teintes naturelles (ocre, terre de sienne, etc.) idéales pour des maisons traditionnelles. Si elles résistent bien à l’encrassement, ces peintures ne sont pas hydrophobes (« Rocosil » d’Onip, « Peinture minérale silicatée Ma’s » de Marius Aurenti, de 8 à 10 €/m², hors pose).

  • Sur une ancienne peinture, il est indispensable de s’assurer de la qualité du revêtement d’origine avant de passer à l’action. Les peintures de type organique (acryliques, hydropliolites®, siloxanes) s’appliquent directement, sans passer par la phase « primaire d’accroche », sur toutes les anciennes peintures à condition que leur adhérence à la façade
    soit intacte. Si, par contre, le fond est farineux ou friable, il faut recourir à un fixateur (« Sous-couche fixante » de V33, « Réfetec fixateur » de Renaulac) avant d’appliquer la peinture. Les silicates, réservées aux supports de type minéral (silicates, badigeons ou enduits à la chaux), peuvent recouvrir d’anciens revêtements organiques à condition que ces derniers aient été décapés (« Weber décapant vert » de Weber, sans chlorure de méthylène).
  • Sur un vieil enduit à la chaux en bon état, nul besoin de décapage. On peut passer directement à une peinture acrylique, pliolite, siloxane ou, bien sûr, silicate, sitôt que le revêtement d’origine aura été nettoyé et recouvert d’un primaire d’adhérence.

Nuancé, le badigeon

Le badigeon à la chaux est une autre façon d’apporter de la couleur, avec des effets nuancés et une belle matité (« Calcilane Badigeon » de Parexlanko, à 5 € HT/m², hors pose, ou « Weber.prodexor K+S » de Weber, etc.). Il s’applique à la brosse en deux ou trois couches, avec une humidification du support afin de faciliter l’accroche du badigeon.

Attirante par son côté naturel, cette finition manque parfois d’uniformité, et des problèmes de moirage ou de marquage peuvent apparaître. Les responsables ? L’humidité ambiante, le temps de séchage et une application sur des matériaux de construction de nature différente.

Sur une ancienne peinture, s’il s’agit d’une vieille peinture silicate, pas de problème, le badigeon s’applique directement. Pour un fond acrylique, siloxane ou pliolite, il existe deux solutions : soit on décape la peinture pour retrouver le support d’origine, soit on l’habille d’un sous-enduit à base de chaux (« Parinter Rénovation » de Parexlanko, à 5,50 € HT/m², hors pose, ou « Weber Facim SF » de Weber, etc.) qui aura pour fonction d’isoler le futur badigeon du revêtement d’origine.

Sur un vieil enduit, si celui-ci est à la chaux et à condition qu’il soit parfaitement adhérent et non salpêtré, on peut se contenter d’appliquer un enduit minéral mince à la chaux aérienne (« Weber Facim SF » de Weber).

Renforcez le caractère régional avec un enduit

Vous souhaitez donner de la personnalité à un bâti banal, ou respecter le style régional de votre maison : choisissez un enduit!

Qu’il s’agisse de ravaler la façade d’une construction neuve ou encore de rénover le crépi d’une maison ancienne, l’application d’un enduit permet de modifier l’esthétique du bâti en s’accordant au plus près avec les traditions régionales.

Pour couvrir toute une façade

Il existe deux sortes d’enduit servant à couvrir la totalité de la surface d’un mur.

L’enduit traditionnel, à base de chaux hydraulique naturelle et de sables régionaux, est préparé directement sur place en bétonnière. D’une luminosité incomparable, il se révèle particulièrement beau quand il  comporte des sables de granulométries et de couleurs différentes. On l’applique manuellement en deux couches talochées, puis écrasées, sur un gobetis d’accrochage. Cette technique permet également de rattraper d’éventuels défauts de planéité d’un mur.

L’enduit monocouche prêt à l’emploi, à base de ciment et de chaux, ne s’applique pas sur la pierre, car il « bloque » le support et empêche le mur de « respirer ». Il est adapté, en revanche, aux murs en parpaings ou en briques. Après projection mécanique, il est travaillé en écrasé ou taloché fin. Ce produit est plutôt à réserver à des surfaces relativement planes avec peu de défauts (« Enduni » de Vicat).

Sur un bâti contemporain, généralement recouvert d’un enduit minéral monocouche projeté de 1 à 2 cm, on peut envisager la pose directe d’un produit de finition, comme un enduit pelliculaire ou un enduit de parement mince à la chaux (« Weber.unicor ST, DDP ou G » de Weber, « Calcidéco » de Parexlanko, environ 5 € HT/m², hors pose).

Sur une façade ancienne peinte, il faut décaper le revêtement ou bien appliquer un mortier d’interposition avant d’appliquer l’enduit.

Pour jointoyer des pierres

Rares sont les maisons en pierre qui n’ont jamais été recouvertes d’un enduit. À base de chaux ou de terre, celui-ci sert à les protéger des intempéries. S’il est encore présent, un sablage ou un piochage au  marteau burineur permet de mettre les moellons à nu.

Pour éviter néanmoins que les pierres ne s’abîment dans le temps ou qu’elles ne soient attaquées par l’humidité, il est souvent nécessaire de refaire les joints abîmés avec un enduit épais à base de chaux (appliqué manuellement ou mécaniquement), plus ou moins couvrant (« Weber.cal F ou G » de Weber, ou « Renojet MG » de Vicat).

On peut aussi laisser la pierre affleurante avec un enduit appliqué « à pierres vues » : on « charge » alors beaucoup plus, c’est-à-dire que l’enduit est posé en plus grande épaisseur ne laissant transparaître la pierre que très légèrement.

Échafaudage indispensable

Le travail sur échelle étant interdit à plus de 3 mètres de hauteur, le recours à un échafaudage représente donc une part importante des frais engagés pour un ravalement (location, montage et démontage).

Si l’échafaudage empiète sur la voirie, il faut demander une autorisation d’occupation du domaine public auprès de la mairie.

S’il doit être monté sur la propriété voisine pour accéder au mur de façade mitoyen, il faut faire une demande d’autorisation écrite auprès de votre voisin. En cas de refus, vous devrez vous rapprocher du tribunal. Pour éviter tout conflit, mieux vaut établir un constat d’huissier avant et après travaux, sachant que votre voisin est en droit d’obtenir des dédommagements au titre des détériorations éventuelles et des troubles de jouissance inhérents au chantier.

Ravaler : une obligation?

La loi oblige à effectuer un ravalement tous les 10 ans pour Paris et un certain nombre de communes en France. Les propriétaires qui ne remplissent pas cette condition peuvent être contraints, sur injonction de la mairie, de le faire dans un délai de six mois.

Un ravalement, sous réserve qu’il ne modifie pas radicalement la façade, est soumis à une simple déclaration préalable de travaux. En revanche, si l’habitation fait l’objet d’un classement des Monuments historiques, ou si elle est située à proximité d’une construction classée, le projet doit obtenir l’agrément de l’architecte des Bâtiments de France.

Il est, de toute façon, recommandé de consulter en mairie les plans locaux d’urbanisme avant de décider toute transformation de l’aspect extérieur de sa maison.